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Des dépêches de février du site agrimutuel à consulter sur : www.agri-mutuel.com

publié le 27 février 2020 (modifié le 30 mars 2020)

Transmission : Qui va produire l’alimentation de demain en Europe ?

Le nombre très bas de jeunes agriculteurs, âgés de moins de 35 ans, constitue un défi pour la transition agricole et la sécurité alimentaire. « Il existe de grandes disparités entre les pays, mais en moyenne 5 % des agriculteurs seulement ont moins de 35 ans en Europe » a indiqué mardi à Paris l’Espagnole Maria Fuentes Merino, coordinatrice à la Commission européenne des politiques de développement rural dans le cadre de la PAC. Pour la France, qui est l’un des pays les plus volontaristes sur l’installation des jeunes, ce chiffre s’élève à 8,5 %.
En Europe, les trois pays qui « remplacent » le mieux les départs d’agriculteurs à la retraite sont l’Autriche, la Pologne et la Slovaquie. La France, avec deux départs sur trois remplacés, se situe en quatrième position. Mais les installations de jeunes sont freinées par une multitude de facteurs, allant du revenu insuffisant de la vente des produits agricoles à l’accès au foncier, en passant par les possibilités de financement. (dépêche AFP 29/01).
En France en 2018, les installations de chefs d’exploitations ont reculé de 2,8 %, soit 13 925. Le nombre d’agriculteurs ne cesse de baisser, et d’ici une dizaine d’années, la moitié des agriculteurs en activité devraient partir en retraite. Mais, parmi les installations d’exploitants de moins de 40 ans ayant perçu une aide en 2018, 31 % étaient des « Hors cadre familial » (HCF), le nom technico-juridique désignant ceux dont la ferme n’est pas un héritage familial. « À moyen et long termes, la proportion va nécessairement augmenter, et demain, si on veut relever le défi (du renouvellement des générations), il faut qu’on soit capable de les accueillir dans de meilleures conditions », assure Loïc Quellec, vice-président du syndicat des Jeunes agriculteurs (JA). (dépêche AFP 23/02).

Dépression du monde agricole :

Agribashing, intrusions dans les exploitations, burn-out et mal-être des agriculteurs, faiblesse des retraites : Pascal Cormery, président de la Caisse centrale de la MSA et polyculteur-éleveur en Touraine, revient sur son entrevue avec Emmanuel Macron lors de la visite inaugurale de ce dernier du Salon de l’agriculture. Selon le premier représentant de la protection sociale agricole, la dépression générale agricole et le mal-être grandissant des agriculteurs ne sont plus liés seulement aux difficultés économiques, mais avant tout à la pression sociétale. TNC 26/02
Pascal Cormery a, par ailleurs, indiqué que le gouvernement a confié au député (LREM) du Lot-et-Garonne, Olivier Damaisin, de faire l’état des lieux du mal-être paysan et de proposer des pistes de prévention au suicide agricole, (dépêche AFP 24/02).

Perspectives agricoles 2020 :

Lors de la présentation de l’édition 2020 du Déméter, un ouvrage référence annuel en géopolitique agricole, les chercheurs et représentants du Club Déméter ont détaillé les « dix points cardinaux » qui pourraient « agencer » l’agriculture durant ces 10 prochaines années. Entre l’importance croissante de la Chine, la problématique « stratégique » de la ressource en eau, des normes toujours plus strictes, les enjeux environnementaux ou encore le flou de la Pac, être agriculteur demain sera davantage un métier d’équilibriste. (dépêche TNC 11/02).

Foncier agricole :

Pour assurer le renouvellement des générations, garantir la souveraineté alimentaire en empêchant que des terres changent de main sans contrôle, assurer la préservation de la biodiversité et des captages d’eau, cinq syndicats agricoles, des députés de tous bords et trois ONG environnementales et sociales se sont réunis mardi 25 février en demandant une nouvelle loi foncière en France pour « partager et protéger la terre ». (dépêche AFP 26/02).

Antigaspillage :

Lutter contre le gaspillage via une meilleure « gestion et compréhension des dates de consommation » : c’est l’objectif d’un « pacte » signé mardi par 38 distributeurs, fédérations professionnelles, associations de consommateurs et industriels de l’agroalimentaire.
Ces premiers signataires, qui espèrent être rejoints par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, y prennent dix engagements « co-construits, concrets et mesurables. Ils reposent sur quatre idées : « éduquer et sensibiliser l’ensemble des publics », « clarifier la différence entre DLC (date limite de consommation) et DDM (date de durabilité minimale) auprès des consommateurs », « optimiser la valorisation des produits exclus des circuits de vente » et enfin « collaborer entre acteurs du secteur pour harmoniser les bonnes pratiques et optimiser les flux de distribution ». (dépêche AFP 29/01).

Camembert :

Les professionnels du camembert de Normandie ont finalement rejeté en assemblée générale un projet de compromis proposé il y a deux ans pour tenter de régler la guerre des deux camemberts pesant depuis des décennies sur la célèbre appellation fromagère, L’assemblée générale a rejeté à 53 % le nouveau cahier des charges qui proposait un compromis entre industriels utilisant le lait pasteurisé et fabricants traditionnels au lait cru, visant à créer « une grande AOP normande ». (dépêche AFP 31/01).

Etiquetage des produits alimentaires :

Après trois ans d’existence, Ferme France change de nom et met en œuvre concrètement son objectif de donner aux consommateurs une indication fiable quant aux qualités sociétales et nutritives des produits alimentaires. L’association, désormais appelée « La Note globale », a finalisé son référentiel de notation et étiquettera une centaine de produits cette année. (dépêche TNC 13/02).

Origine de la viande en restauration :

Les éleveurs de volailles français espèrent la mise en place prochaine de l’obligation pour les restaurateurs d’indiquer l’origine de ces viandes servies dans leurs établissements, pour reprendre des parts de marché face à la féroce concurrence étrangère. (dépêche AFP 12/02).

Mutagène et OGM :

Les nouvelles techniques de mutagenèse, des techniques de sélection destinées à obtenir des mutations génétiques d’un organisme vivant, doivent être soumises à la réglementation OGM, a estimé vendredi le Conseil d’État, se conformant à un arrêt de la Cour de justice européenne. Il donne six mois au gouvernement pour modifier en ce sens le code de l’environnement qui transpose la directive européenne du 12 mars 2001 sur les organismes génétiquement modifiés. (dépêche AFP 07/02).

Agriculture biologique :

La Fédération de l’agriculture biologique (Fnab) va lancer le label « bio français équitable » (BFE) qui garantit aux consommateurs des légumes biologiques produits en France et un prix rémunérateur aux agriculteurs bio, une démarche expérimentée par le groupe de surgelés Picard. (dépêche AFP 18/02).

Réforme de la PAC :

Une consultation publique sur l’avenir de l’agriculture française a été officiellement lancée dimanche 23 février 2020 au salon de l’agriculture. Ce débat public de trois mois, imposé par le code de l’environnement, doit contribuer à aiguiller le Gouvernement dans l’élaboration du plan stratégique national demandé d’ici fin 2020 dans le cadre de la réforme de la Pac. Concrètement, ce débat se tiendra jusqu’au 31 mai 2020 sous quatre formes différentes. Une plateforme en ligne sera mise à disposition du grand public pour donner son avis et faire des propositions. En parallèle, 30 débats publics sont prévus en région. Fin mars, 140 citoyens tirés au sort seront aussi réunis pour s’exprimer sur les objectifs attendus de la Pac et leur hiérarchisation. Enfin, un kit « j’organise mon débat » téléchargeable sur le site « permettra à chacun d’organiser un débat en toute autonomie » (dépêche TNC 24/02). Le site du débat public impacton.debatpublic.fr

Abattoirs publics :

La Cour des comptes a épinglé mardi la gestion des abattoirs publics d’animaux de boucherie par les collectivités locales, proposant de confier leur gestion à tous les acteurs concernés ou de basculer vers l’abattage mobile. (dépêche AFP 26/02).

Fermes « bas carbone » :

Lors de sa visite au salon de l’agriculture, Elisabeth Borne, la ministre de la transition écologique, a indiqué que près de 400 éleveurs laitiers étaient d’ores et déjà labellisés « bas-carbone », leur permettant ainsi de vendre des crédits carbone après avoir réduit leurs émissions de gaz à effet de serre. La démarche de labellisation « bas-carbone » est aussi en cours pour le secteur des grandes cultures dans lequel « réside un des plus forts potentiels de stockage de carbone en France ». (dépêche TNC 23/02).